Histoire érotique : ma voisine, et des murs trop fins

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Histoire érotique : ma voisine, et des murs trop fins

Dans cet immeuble, les murs laissent tout passer. J'ai connu ma voisine du dessus par sa machine à laver, son réveil et une dispute au téléphone, bien avant de connaître son prénom. Et j'ai mis six mois à comprendre le plus gênant : si je l'entendais, elle m'entendait aussi. Voici ce que ça change, une fois qu'on se l'est dit.

Dans cet immeuble, on entend tout

L'agence avait écrit « immeuble de caractère, parquet d'origine ». C'est vrai. Elle avait oublié de préciser que le caractère en question consistait en des cloisons de vingt centimètres posées en 1911 et jamais retouchées depuis, et que le parquet d'origine transmettait le moindre déplacement de chaise comme une caisse de résonance.

J'ai emménagé au troisième un mois de septembre. La première semaine, j'ai cru que c'était moi : l'oreille qui s'habitue, l'appartement encore vide, les cartons qui renvoient le son. Puis j'ai compris que non. J'entendais ma voisine du dessus se lever à six heures vingt du lundi au vendredi, avec quatre minutes de rab le mercredi. J'entendais sa machine à laver terminer son cycle vers vingt-trois heures — le petit bip, trois fois, puis le silence. J'entendais quand elle rentrait tard, parce que le troisième pas dans le couloir fait craquer une lame.

Je n'écoutais pas. C'est une distinction qui compte, et elle est difficile à défendre quand on la formule à voix haute. Je n'ai jamais collé un verre contre le plafond. Simplement, il n'y avait rien à faire pour ne pas entendre.

Le jour où le calcul s'est inversé

Ça m'a pris six mois. Un dimanche de février, je me suis rendu compte que j'avais baissé le son d'une série à trois heures de l'après-midi parce que je ne voulais pas la déranger. Et dans la seconde qui a suivi, j'ai pensé : si je fais attention pour elle, c'est que je sais qu'elle m'entend.

Ce qui voulait dire, en remontant le fil : elle savait à quelle heure je rentrais. Elle savait que je faisais tourner le lave-vaisselle trop tard. Elle avait probablement entendu la fois où j'avais fait tomber une étagère entière de vaisselle, un jeudi, en jurant pendant vingt secondes d'affilée.

Et il y avait tout le reste. Les soirs où je n'étais pas seul. Les mois où je l'étais.

Il n'y a pas de mot pour ce moment-là. On découvre qu'on a été le bruit de fond de quelqu'un pendant des mois, et que ce quelqu'un a un visage, un prénom sur une boîte aux lettres, et qu'on va le croiser dans l'escalier demain matin.

Le colis qui n'était pas pour moi

Le facteur de cet immeuble a une théorie personnelle sur la numérotation des étages. Un mardi de mars, j'ai trouvé devant ma porte un carton plat, format A4, avec un nom qui n'était pas le mien et un numéro d'appartement qui n'était pas le mien non plus.

J'aurais pu le laisser sur le palier. J'aurais pu le déposer devant sa porte et redescendre. Ce sont les deux options que j'ai envisagées dans l'escalier, et la troisième — sonner — est celle que j'ai prise sans m'en rendre compte, parce que ma main était déjà sur la sonnette.

Elle a ouvert avec l'expression de quelqu'un qui n'attend personne. Cheveux relevés au crayon, pull trop grand, chaussettes dépareillées. Derrière elle, une pièce dont j'avais entendu chaque déplacement de meuble pendant six mois et que je voyais pour la première fois.

— C'est arrivé chez moi, j'ai dit en tendant le carton.

— Encore. Merci. Il fait ça une fois sur trois.

Elle a pris le colis, l'a coincé sous son bras. Et puis, au lieu de refermer, elle a dit :

— Vous êtes le troisième, c'est ça ? Celui qui a cassé une pile d'assiettes en novembre ?

J'ai senti le sang me monter au visage, ce qui à trente-quatre ans est une expérience qu'on croyait derrière soi.

— Une étagère complète, j'ai dit. Avec le service de ma grand-mère.

— J'avais compté douze pièces.

— Quatorze.

Elle a ri. Elle a laissé la porte ouverte un peu plus longtemps que nécessaire, comme on laisse un silence dans lequel quelque chose peut se glisser.

Ce qu'on se dit quand on n'a plus rien à cacher

Elle s'appelle Nadia. On a parlé sur le palier vingt minutes, adossés chacun à un montant de porte, dans cette position ridicule où l'on n'entre pas et où l'on ne part pas non plus.

On a fait l'inventaire. Elle savait pour la série regardée trop fort et pour la période où je m'étais mis à la corde à sauter — trois semaines, abandonnées. Je savais pour la machine à laver de vingt-trois heures et pour la dispute au téléphone d'un dimanche d'octobre, celle où elle avait dit à quelqu'un qu'il ne remettrait pas les pieds ici.

— Ça, tu l'as entendu ? elle a demandé.

— Pas les mots. Le ton.

Elle a hoché la tête, lentement, comme si ça réglait une question qu'elle se posait depuis longtemps.

— Alors on est quittes, elle a dit.

Ce n'est pas une phrase anodine. Deux personnes qui vivent l'une au-dessus de l'autre accumulent chacune un dossier sur l'autre sans l'avoir demandé. Le déséquilibre, c'est de croire qu'on est le seul à écouter. À partir du moment où c'est dit dans les deux sens, il ne reste rien à protéger.

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Ce qu'on s'est dit avant de monter

Il a fallu trois semaines et quatre cafés — deux chez elle, deux au comptoir d'en bas — pour arriver au vendredi soir où la question s'est posée pour de bon. On était sur le même palier, elle une marche au-dessus, et personne ne bougeait.

C'est elle qui a parlé la première.

— Je monte, elle a dit. Tu peux monter avec moi. Mais avant, il faut qu'on parle de demain matin.

J'ai dû avoir l'air de quelqu'un à qui on annonce un contrôle fiscal.

— Demain matin, elle a continué, on va se croiser. Peut-être pas demain, mais après-demain, ou lundi devant les boîtes aux lettres. Il n'y a pas de version de cette histoire où on ne se revoit pas. Alors je préfère qu'on sache maintenant ce qu'on se dira à ce moment-là.

Je n'avais jamais entendu ça. J'ai eu des soirées qui commençaient par un verre et se terminaient par un taxi, et dans aucune il n'a été question du lendemain, parce que dans aucune le lendemain n'existait vraiment. Une personne rencontrée en vacances repart. Une collègue de bureau, on peut l'éviter deux étages plus loin. Une voisine, non. Une voisine, c'est le seul amant dont on est certain de le revoir.

Trois phrases, pas plus

On a fixé trois choses, debout dans l'escalier, à voix basse à cause du voisin du deuxième.

La première : on se dit bonjour. Quoi qu'il arrive, quoi qu'on décide ensuite, on se dit bonjour dans le couloir, et pas ce bonjour rapide qui regarde le sol.

La deuxième : si l'un des deux veut que ça s'arrête — ce soir, dans une semaine, dans six mois — il le dit avec des mots, pas en cessant de répondre. On habite à quatre mètres l'un de l'autre. Le silence n'est pas une option praticable.

La troisième nous a fait rire tous les deux, et c'était la plus concrète : on fait attention au bruit. Pas par pudeur. Par arithmétique. Le voisin du deuxième se lève à cinq heures, et la vieille dame du quatrième a l'oreille fine et le sommeil léger.

— Tu es en train de me dire qu'il va falloir être silencieux, j'ai dit.

— Je suis en train de te dire que je le suis déjà depuis six mois, elle a répondu. Et que toi aussi, sauf que tu ne t'en rendais pas compte.

Une soirée qui devait tenir en silence

Chambre d'appartement ancien la nuit : parquet à chevrons, tapis épais, lampe basse allumée et lit décalé du mur
La géographie sonore d'une chambre : le lit écarté du mur mitoyen, le tapis posé là où le parquet craque.

Son appartement est la copie du mien, en miroir. Même parquet, même moulure au plafond, même radiateur en fonte sous la fenêtre. La seule différence, c'est ce qu'elle en a fait : des livres partout, une lampe basse, et pas de plafonnier allumé.

Il y avait un carré de tapis épais entre le canapé et la bibliothèque. Je l'ai remarqué parce qu'elle a dit, en le montrant du menton :

— Ça, c'est pour ne pas faire craquer la lame du milieu.

Elle avait cartographié son propre appartement. Elle savait quelles lames chantaient, quel angle du lit tapait contre le mur mitoyen, à quel moment le radiateur se mettait à cliqueter. Six mois de vie discrète en avaient fait une experte de sa propre acoustique.

Le silence change ce qu'on fait, pas seulement le volume

Il y a une idée reçue sur le fait de devoir se taire : qu'on perdrait quelque chose. Que ce serait une contrainte subie, une version diminuée de ce qu'on ferait ailleurs.

Ce n'est pas ce qui s'est passé.

Quand on ne peut pas faire de bruit, on ralentit. On arrête de couvrir les choses par du son. Le moindre déplacement devient une décision, parce qu'il faut d'abord évaluer ce qu'il va produire — le grincement du sommier, la lame du parquet, le bord du lit contre la cloison. On finit par bouger de dix centimètres au lieu de deux mètres, et par découvrir que dix centimètres suffisent largement.

Et surtout, on écoute. C'est le renversement complet de la situation : après six mois passés à entendre l'autre à travers un plafond sans jamais rien pouvoir en faire, on se retrouve à quarante centimètres de lui, et on n'a plus que ça — sa respiration, le rythme qui change, le moment où elle se retient de faire un son. Un mur trop fin nous avait appris à écouter. Il ne restait plus qu'à s'en servir dans le bon sens.

À un moment, elle a mis sa main sur ma bouche. Pas un geste de jeu : un geste pratique, avec un regard qui disait le deuxième. On a ri tous les deux, en silence, secoués sans un bruit, ce qui est une expérience particulière.

Ce qu'elle avait déjà réglé de son côté

Plus tard, elle a ouvert le tiroir de la table de chevet. Elle l'a fait sans cérémonie, de la même façon qu'on va chercher un tire-bouchon.

— Tout ce qu'il y a là-dedans a été choisi pour une seule raison, elle a dit.

Je n'ai pas eu besoin de demander laquelle.

Elle m'a expliqué, plus tard dans la nuit, qu'elle avait fini par faire des recherches, un soir, exactement comme on cherche une machine à laver silencieuse ou un aspirateur qui ne réveille pas les enfants. La question de savoir ce qui fait le moins de bruit ne l'avait pas intéressée pour des raisons de pudeur, mais parce qu'elle avait calculé que son lit touchait le mur de la chambre du deuxième.

Ce qu'elle avait retenu tenait en trois points. Un moteur puissant n'est pas forcément un moteur bruyant : c'est la fréquence qui porte à travers une cloison, pas l'intensité. Un objet posé sur une surface dure transmet ses vibrations au meuble, qui les transmet au sol, qui les transmet au plafond du voisin — d'où le tapis. Et les fabricants qui savent que leur produit est discret le disent : le mot figure dans le titre, pas dans une note en bas de fiche.

— Regarde, elle a dit en me tendant son téléphone. Celui-là, c'est écrit dessus.

C'était vrai. Le nom du produit contenait le mot. Elle avait choisi dans un rayon en filtrant sur un critère que personne ne pense à regarder, et elle avait raison de le faire.

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La commande passe de l'autre côté

Il y a une chose qu'elle m'a apprise cette nuit-là et que je n'aurais jamais devinée seul : le bruit ne vient pas seulement de l'objet. Il vient de la main qui le manipule.

Chercher un bouton à tâtons, tourner une molette, reposer quelque chose sur une table de nuit en bois : chacun de ces gestes fait plus de bruit que l'objet lui-même. Une commande qui se pilote à distance supprime tout cela d'un coup, et elle déplace autre chose au passage — ce n'est plus la même personne qui décide.

C'est un détail technique qui devient tout de suite autre chose. Quand la commande est dans ma main et l'objet de son côté, il n'y a plus rien à annoncer, plus rien à demander à voix haute, plus rien qui puisse s'entendre à travers un plancher. Il reste un visage, à quarante centimètres, qui répond ou ne répond pas.

Nadia dit que c'est la meilleure chose qu'un immeuble mal isolé lui ait apportée. Je crois qu'elle a raison, et que ni elle ni moi n'y serions arrivés dans un pavillon de banlieue.

Ce qu'on garde après avoir refermé la porte

Je suis redescendu à deux heures et quelque. Deux volées de marches, la minuterie qui s'éteint au milieu, et cette impression bizarre de rentrer chez soi alors qu'on n'a pas quitté le bâtiment.

Chez moi, tout était exactement comme quatre heures plus tôt. La vaisselle du dîner, la lampe allumée, le livre ouvert sur l'accoudoir. Et au-dessus, à travers vingt centimètres de plancher, quelqu'un qui se couchait et dont j'entendais, pour la première fois avec une information complète, le déplacement jusqu'à la salle de bain.

Je crois que c'est ce soir-là que j'ai compris ce qu'on ne dit jamais sur le voisinage : ce n'est pas une proximité, c'est une durée. On ne partage pas un espace, on partage un calendrier. Tous les matins, tous les soirs, indéfiniment.

Le tiroir du bas, chez moi aussi

La semaine suivante, j'ai fait ce qu'elle avait fait six mois avant moi : j'ai regardé mon propre appartement comme un problème d'acoustique. Le lit contre le mur mitoyen. Le parquet nu entre la commode et la fenêtre. La table de chevet en verre, sur laquelle on ne peut rien poser sans que ça claque.

Et j'ai acheté deux ou trois choses, dans un rayon où je n'étais jamais allé, en appliquant exactement son critère. Les formats les plus compacts ne sont pas seulement les plus faciles à ranger : ce sont souvent les plus discrets, parce qu'un petit moteur bien monté dans un corps plein produit moins de résonance qu'un gros moteur dans une coque creuse — et la façon de s'en servir n'a rien à voir avec celle d'un modèle classique, ce que j'ai mis quelques jours à comprendre. J'ai lu le guide de choix avant de commander, ce qui m'a évité deux erreurs : celle du modèle bruyant à cause de sa coque, et celle du modèle qu'on n'utilise jamais parce qu'il faut trente secondes pour le mettre en route.

Ce que Nadia appelle « le tiroir de l'immeuble » : ce qui fait le moins de bruit, se range vite et se nettoie vite.

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Sur l'entretien, elle avait aussi une doctrine, et elle est venue du même raisonnement : ce qui se nettoie sous l'eau se nettoie sans allumer le ventilateur de la salle de bain à minuit. J'ai vérifié ce que disent les modes d'emploi plutôt que d'improviser, et il y avait deux ou trois points que je faisais mal — le rangement séparé, notamment, que personne ne mentionne jamais et qui règle la moitié des problèmes.

Le lendemain, devant les boîtes aux lettres

Rangée de boîtes aux lettres en laiton patiné dans un hall d'immeuble, une clé dans une serrure et deux enveloppes qui dépassent
La scène dont aucun des vingt récits de la première page de Google ne parle : celle du surlendemain, en bas de l'escalier.

C'était un samedi. Onze heures moins le quart. Je descendais chercher le courrier, en jogging, avec les cheveux d'un homme qui s'est couché à trois heures.

Elle était là. Devant la rangée de boîtes en laiton, une clé minuscule dans une main, deux enveloppes dans l'autre. Elle portait le même pull trop grand que le jour du colis.

Il y a eu une demi-seconde. Cette demi-seconde-là est exactement celle dont on avait parlé dans l'escalier.

— Bonjour, elle a dit.

— Bonjour.

Et c'est tout. Elle a refermé sa boîte, m'a laissé passer, a dit quelque chose sur le facteur et sa théorie de la numérotation. J'ai répondu que j'avais reçu une facture qui n'était pas pour moi. Elle a ri. Elle est remontée.

Ça a duré quarante secondes et c'était le plus important de toute l'histoire.

Pourquoi ça a tenu

Je connais le contre-exemple. Tout le monde le connaît. L'immeuble où deux personnes ne se disent plus bonjour, où l'une prend l'escalier quand elle entend l'ascenseur, où l'on vérifie par l'œilleton que le couloir est vide avant de sortir les poubelles. Ce n'est pas une histoire de sentiments : c'est une histoire de logement. On ne déménage pas parce qu'une soirée s'est mal terminée.

Ce qui nous a évité ça n'est pas la chance. C'est une conversation de quatre minutes dans un escalier, avant de monter, où l'on a décidé de ce qu'on ferait après. Trois phrases : on se dit bonjour, on dit les choses avec des mots, on fait attention au bruit. La troisième était la plus drôle et la plus concrète. Les deux premières étaient celles qui comptaient.

Nadia le formule mieux que moi. Elle dit qu'entre voisins, le consentement n'est pas une formalité qu'on expédie au début : c'est une question d'organisation, parce que la personne à qui l'on dit oui ou non habite quatre mètres au-dessus et qu'on la croisera mardi. Ça enlève tout le romantisme de la chose. Ça la rend surtout praticable.

Et six mois plus tard

Nous en sommes à un an. Je n'ai pas emménagé chez elle, elle n'a pas emménagé chez moi, et nous avons chacun gardé nos clés, nos boîtes aux lettres et notre machine à laver.

On entend toujours tout. La différence, c'est que ce n'est plus une gêne : c'est devenu une langue. Une chaise déplacée trois fois de suite au-dessus de ma tête, ça veut dire quelque chose. Le lave-linge lancé à vingt-trois heures aussi.

Et quand une amie me demande par où commencer, parce qu'elle habite un immeuble ancien elle aussi, je ne lui parle jamais de modèles. Je lui dis d'aller regarder ce qui convient à sa situation avant de regarder ce qui est joli, et je précise « à sa situation » en pensant très précisément à l'épaisseur de ses murs. On me trouve bizarre. Puis on me rappelle trois semaines plus tard pour me dire que j'avais raison.

Le voisin d'à côté, c'est le seul qu'on est sûr de revoir. C'est le problème. C'est aussi tout l'intérêt.

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Alvaro Benitez, rédacteur bien-être intime chez Intimae

À propos de l'auteur · Alvaro Benitez

Rédacteur bien-être intime chez Intimae

Alvaro écrit les guides et les récits d'Intimae. Les histoires publiées ici sont des fictions : les personnages et les situations sont inventés, les objets qui y apparaissent sont réels et viennent du catalogue de la boutique.

Vos murs sont fins, eux aussi ?

Le critère du silence se lit souvent dans le titre du produit, avant même la fiche. Voir les œufs vibrants ou les mini-vibromasseurs.

Questions fréquentes

Comment faire du bruit le moins possible dans un appartement mal isolé ?

Le bruit vient rarement de là où on le croit. Dans un immeuble ancien, ce sont les vibrations transmises par les structures qui portent le plus loin : un lit dont la tête touche une cloison, un objet posé sur une table de nuit en verre, une lame de parquet qui craque toujours au même endroit. Un tapis épais et vingt centimètres d'écart entre le lit et le mur règlent l'essentiel — bien plus qu'un effort sur le volume de la voix.

Un sextoy silencieux, ça existe vraiment ?

Oui, et la différence entre deux modèles est très nette à l'oreille. Ce qui compte n'est pas la puissance mais la fréquence : un moteur qui vibre bas produit un son sourd qui traverse les cloisons, un moteur plus aigu porte moins loin. Le montage compte aussi — un petit moteur logé dans un corps plein résonne moins qu'un gros moteur dans une coque creuse. Les fabricants qui ont travaillé ce point le mentionnent en général dans le titre du produit, pas en bas de fiche.

Faut-il parler du lendemain avant de coucher avec un voisin ?

C'est la seule situation où la question se pose vraiment, et pour une raison matérielle : on se recroisera. Une personne rencontrée en vacances repart, un collègue s'évite deux étages plus loin ; un voisin, on le retrouve devant les boîtes aux lettres. Convenir à l'avance de trois choses — on se dit bonjour, on dit les choses avec des mots plutôt qu'en cessant de répondre, on fait attention au bruit — prend quatre minutes et évite de devoir déménager.

Comment savoir si mes voisins m'entendent ?

S'il vous arrive de les entendre, la réponse est oui. Le son traverse une cloison dans les deux sens, et l'erreur la plus commune consiste à croire qu'on est le seul à écouter. Le test le plus simple reste le plus direct : si vous savez à quelle heure votre voisin rentre ou quand tourne sa machine à laver, il sait la même chose de vous. C'est gênant deux minutes, puis cela devient une information utile.

Une télécommande change-t-elle quelque chose au bruit ?

Davantage qu'on ne l'imagine, parce qu'une partie du bruit ne vient pas de l'appareil mais de la main qui le manipule. Chercher un bouton à tâtons, tourner une molette, reposer un objet sur un meuble en bois : chacun de ces gestes s'entend. Un pilotage à distance les supprime tous. Et il déplace autre chose au passage, puisque ce n'est plus la même personne qui décide du réglage.

Où ranger ce genre d'objet quand on vit dans un petit appartement ?

À part, et au sec. Deux objets en silicone rangés au contact l'un de l'autre peuvent se dégrader mutuellement avec le temps : chacun mérite sa pochette ou son sachet. Pour le reste, un tiroir fermé suffit largement — la discrétion d'un objet tient à son format et à sa forme bien plus qu'à sa cachette, et c'est précisément ce que vendent les modèles compacts.